www.moliere.com
8mar/170

Le pouvoir des femmes: de la fiction à la réalité

La Journée Internationale des Femmes est l’occasion pour la librairie Molière de vous présenter une sélection d’ouvrages que nous avons particulièrement appréciés et qui ont pour point commun de mettre en scène des parcours de vie de femmes fortes.

9782205073157-couv

La bande dessinée « Idéal standard » n'est pas seulement une histoire de jeune femme célibataire en pleine crise de la trentaine. L'album met en scène avec force les contradictions de la femme occidentale postmoderne. Elle se débat pour trouver l'épanouissement personnel, tiraillée sans fin entre idéal féministe et conformité sociale.

penelopebagieu

Avec les deux tomes de « Culottées », Pénélope Bagieu prouve, au travers des portraits d'une trentaine de femmes qui se sont battues pour mener une vie de femme libre, que cela peut être tous les jours la journée de la femme. On est enchanté par la diversité de ces destins de femmes qui ont repoussé chacune à leur manière les cases dans lesquelles on a voulu les cloisonner. Quand BD rime avec légèreté, liberté et égalité !

trio

Dans la collection « Ceux qui ont dit non » chez Actes Sud, on découvre de nombreuses  femmes qui ont osé prendre la parole pour défendre des causes essentielles. Anna Politkovskaïa, par exemple,  a dit « non » à la peur de s'exprimer en tant que journaliste russe ; Marie Durand a dit « non » à l'intolérance religieuse en tant que personnalité protestante du XVIIIè siècle ; Rosa Parks s'est indignée contre la discrimination raciale aux Etats-Unis, … bien d'autres exemples de résistance féminine sont disponibles dans la collection. Figures fortes de notre histoire, toutes ces femmes ont marqué les esprits et ont incontestablement contribué à faire évoluer les mœurs.

index

Une jeune fille qui se bat contre les préjugés. Esther, jeune fille de 14 ans, se retrouve livrée à elle-même après un naufrage. Courageuse, elle prend son destin en main et embarque pour le Nouveau Monde. Une héroïne téméraire et déterminée, prête à tout pour préserver sa liberté. Une aventure historique pleine de rebondissements, inspirée d'une histoire vraie. A partir de 12 ans.

9782290121849

L'héroïne de ce roman est une femme indocile dans un pays où il vaut mieux être n'importe quoi d'autre et si possible un volatile. On l'a jugée, on l'a condamnée, on va la lapider. Qui lui lancera la première pierre ? Qui du juge au désir enfoui ou de la reporter américaine aux belles intentions lui ôtera la vie ? Le roman puissant de Saphia Azzeddine est l'histoire d'une femme, frondeuse et libre, qui se réapproprie Allah. Une superbe histoire sur le courage d'une femme qui reste fidèle à ses convictions profondes, et sur l'obscurantisme religieux et sociétal qui aveugle certains hommes. Un roman puissant et plein d'émotion.

product_9782072721977_195x320

Et ce livre fait le buzz depuis sa parution… rédigé sous la forme d’une lettre adressée à une amie désireuse de recevoir des conseils pour éduquer sa fille contre les raisonnements sexistes, Chimamanda Ngozi Adichie nous offre un récit percutant qui met en lumière des situations concrètes que tout un chacun peut traverser, mettant le doigt sur les pièges qui contribuent à conforter les préjugés de nos sociétés actuelles.

 

Cliquez ici pour découvrir la liste complète de cette sélection : http://www.moliere.com/fr/motheme/theme/products/id/317/

29nov/160

Pour les fêtes, pensez aux documentaires

"Pour un esprit scientifique, toute connaissance est une réponse à une question" a dit Gaston Bachelard. Et le questionnement est bien le propre de l'enfance! Pour vous aider à combler l'avidité de connaissances de vos enfants, nos libraires ont sélectionné pour vous leurs documentaires favoris parmi les plus récents. L'occasion d'offrir plus qu'un objet aux fêtes de fin d'année, tout en rassasiant leur curiosité intellectuelle! Et ne vous y trompez pas: ces documentaires jeunesse ont aussi des choses à apprendre aux adultes!

Chouette-ou-hibou-31-juillet.indd

Vous ne savez pas différencier une chouette d'un hibou ? Une clémentine d'une mandarine ? Une marguerite d'une pâquerette ?

Dans Chouette ou hibou ?, Emma Strack nous explique de manière concise les différences et spécificités non seulement d'animaux que l'on confond toujours mais aussi de nourriture, vêtements, termes géographiques, etc. Le tout illustré par Guillaume Plantevin. On y trouve des détails physiques (le hibou est celui qui a les aigrettes, ces petites plumes qui bougent sur les côtés du crâne), des précisions géographiques (typhon, cyclone ou ouragan portent leur nom en fonction de l'hémisphère ou du continent où ils se forment) ou des moyens mnémotechniques (la stalacTite tombe et la stalagMite monte). 

Il y a quelques termes un peu compliqués pour les enfants de moins de 9 ans mais avec un peu d'aide, il pourra être consulté dès 8 ans. 

blog

Notre corps contient pas moins de 1,5kg de bactéries, le hoquet est une réminiscence de notre vie aquatique, la baleine était terrestre avant de retourner dans les océans… Voilà le genre de révélations que nous fait Le mystère de la vie : tout lecteur ne peut être que fasciné, émerveillé et déboussolé !

Très bien documenté et expliqué simplement, l’ouvrage dévoile l’histoire de la vie sur Terre, en exposant les découvertes scientifiques les plus récentes et les plus insolites.

Cette œuvre s’adresse à tous les curieux de nature, à qui elle donnera à coup sûr le vertige !

A lire absolument et à tout âge, à partir de 11 ans.

grandssinges

Dans Sur les traces des grands singes, Jim Ottaviani et Maris Wicks nous présentent dans les grandes lignes la vie de Jane Goodall, Dian Fossey et Biruté Galdikas. Ces trois scientifiques ont énormément contribué à la compréhension que nous avons aujourd'hui du comportement des primates avec lesquels elles ont travaillé.

Jane Goodall a vécu de longues années en Afrique au milieu des chimpanzés, ce qui lui a permis d'être la première à observer que ces derniers se servent d'outils, comportement que l'on croyait à l'époque exclusivement réservé à l'être humain.

Dian Fossey a étudié les gorilles et a vécu un temps parmi eux. Elle a été assassinée au Rwanda où son engagement contre le braconnage, pour la préservation des gorilles et de la nature, faisait beaucoup de bruit. 

Biruté Galdikas, quant à elle, a rejoint la jungle en Indonésie où elle étudie les orangs-outans et tente de réinsérer les orphelins des grands singes roux dans la vie sauvage. 

Ce documentaire sous forme de bande dessinée peut se lire seul à partir de 8 ans. 

blog

Dieter Braun est un artiste allemand qui a écrit plusieurs livres de jeunesse et participé à plusieurs magazines. Dans Animaux sauvages, voyage en terres du Nord, ses illustrations géométriques et colorées nous donnent un aperçu des animaux emblématiques de plusieurs régions de l'hémisphère nord. 

Davantage "beau livre" que documentaire, on y trouve peu d'informations, pas de fiches techniques mais on y voit de très belles représentations d'animaux comme le loup, le renard roux, la cigogne ou encore l'ours blanc.

blog

S'il existe beaucoup de documentaires sur les animaux qui ont tous en commun d'être visibles, avec Le monde invisible des animaux microscopiques, Hélène Rajcak et Damien Laverdunt (qui avaient déjà fait ensemble entre autres "Histoires naturelles des animaux imaginaires" et "Petites et grandes histoires des animaux disparus") ont décidé de nous inviter dans le monde passionnant des animaux que l'on ne voit pas à l’œil nu.

Après une petite histoire du microscope, plongez au cœur des fonds marins ou scrutez votre peau à travers une dizaine de doubles pages représentant des micro-écosystèmes et sur lesquelles on peut s'amuser à trouver des gastrotriches, du plancton, des polypes d'eau et autres crottes d'acariens.

sup

Dans la droite lignée des planches de botanique croquées par les explorateurs naturalistes, Botanicum est un magnifique ouvrage scientifique pour les enfants. A chaque écosystème présenté correspond un encart explicatif et chaque plante représentée est nommée et accompagnée d'un petit texte descriptif de ses caractéristiques physiques et géographiques.

Dans cet ouvrage, l'illustratrice Katie Scott est accompagnée du Docteur Kathy Willis, l'une des directrices des jardins botaniques royaux de Kew, en Angleterre.

Difficile de donner un âge pour l'ouvrage mais un enfant qui s'intéresse aux plantes dès 6 ans peut déjà regarder les superbes croquis.

blog

Anatomie est, sans surprise, un documentaire sur le corps humain mais il se distingue de ses pairs par le travail minutieux de découpage au laser qui fait découvrir le corps par couches successives à travers de grandes planches anatomiques et des flaps. Dès 10 ans.

blog

Entre documentaire et jeu visuel, Illuminature est un recueil de dessins colorés superposés qui doivent être regardés à l'aide des trois filtres de couleurs différentes. Ces filtres permettent de distinguer les animaux nocturnes, les animaux diurnes et enfin l'environnement dans lequel ils vivent. Deux doubles planches sont consacrées à chaque écosystème. La part belle est faite aux illustrations, ce qui ajoute au livre un côté ludique. A partir de 6 ans.blog

Enfin, Egyptomania : en plus des dessins colorés et "hiéroglyphiques", ce livre est rempli d'informations sur les pharaons, la religion, l'histoire, le tout en courts textes écrits sur des flaps, avec quelques animations carton en prime. Un magnifique livre sur l’Égypte à partir de 8 ans. 

18mai/160

Boy Howdy

 

DSCF2380

Craig Johnson a étudié la littérature (il a un doctorat en art dramatique), a enseigné mais a aussi entre autres exercé les professions de chauffeur de camion, policier, pêcheur professionnel, rancher ou charpentier. S'il a beaucoup voyagé dans sa jeunesse, il vit maintenant avec sa femme dans leur ranch du Wyoming, à Ucross, aux pieds des Bighorn Mountains.

C'est cette expérience riche et une grande culture qui donnent à ses personnages l'épaisseur qu'on leur connait, à ses paysages, leur beauté, et qui rend ses ambiances si prégnantes. Il a également un vrai talent pour les dialogues : toujours justes et bien dosés, ils donnent à ses romans un rythme prenant qui nous pousse à ne fermer ses livres qu'une fois terminés.

DSCF2376

Il a publié aux Etats-Unis en 2005 le premier tome de sa série sur les aventures du shérif Walt Longmire. Son succès ne se dément pas depuis.

La narration est très particulière et les récits se construisent sur un court laps de temps, quelques jours pour la plupart voire quelques heures comme dans Steamboat par exemple. Néanmoins, l'auteur arrive à construire des personnages très crédibles et denses.

Dans Little Bird, le premier tome de la série, on fait la connaissance de Walter Longmire, shérif depuis 24 ans dans le comté d'Absaroka (comté imaginaire du Wyoming). Il vit seul depuis que sa femme Martha est décédée d'un cancer quelques années plus tôt et que sa fille Cady est partie à Philadelphie où elle y est avocate. A l'instar de son auteur, Walt est très cultivé et amoureux des Lettres, son bureau se situe dans l'ancienne bibliothèque de la ville et il n'est pas avare de citations ou références culturelles de toutes nationalités, classiques ou contemporaines.

Autour de lui gravitent les personnalités fortes de Victoria Moretti, son adjointe et Henry Standing Bear, son ami d'enfance. Vic vient de la ville et est catapultée dans cette petite bourgade du Wyoming, sous les ordres de Walt. Elle est intelligente, drôle, mordante, sarcastique et a très mauvais caractère. Son sens du répondant est une des sources de l'humour caustique que l'on trouve dans cette série. Henry lui est comme son nom l'indique, un véritable roc dans la vie de Walt. Droit, calme, il est une voix particulière qui amène souvent au shérif d'autre solutions. Walt l'appelle ironiquement La Nation Cheyenne mais sans doute grâce à lui, il est familier de la culture cheyenne et de sa spiritualité. Sans vraiment chercher un sens rationnel à ses expériences, il a été face à des événements inexplicables, des visions, des bruits de tambour, ou des sons, lui permettant souvent de sauver sa vie.

A travers la relation forte entre Walt et Henry, comme dans celle, tendue, que le shérif entretien avec la police tribale, on peut sentir la tension encore très présente entre les Premières Nations et les blancs qui, rappelons-le, ont pillé et volé les terres des autochtones et les ont parqués dans des réserves où le taux de chômage n'a d'équivalent que le taux de familles vivant sous le seuil de pauvreté. Loin pourtant d'être moralisateurs ou victimisants, les romans de Johnson font état de cette tension sans trop de parti pris pour l'un ou l'autre mais plutôt en évocation, dans toute la complexité que cette situation engendre pour les gens des réserves mais aussi les habitants des alentours, les points positifs comme les négatifs. Comme dans beaucoup d'épisodes regrettables de l'Histoire, il s'agit aussi de deux cultures radicalement différentes qui tentent de vivre ensemble.

D'autres personnages récurrents viennent compléter le tableau : Ruby, la secrétaire de Walt, Lucian Connally, l'ancien shérif avec qui il joue aux échecs dans la maison de retraite dans laquelle le retraité s'est installé, Dorothy, la patronne du café Busy Bee, Ferg, le policier un peu maladroit ou bien entendu, le Chien.

Meurtre d'une jeune autochtone, récit-flashback historique ou course-poursuite avec prisonnier évadé, Craig Johnson ne se cantonne pas à un seul registre et ne suit pas une série d'enquêtes rondement menées et répétées à l'infini. Chaque récit éclaire un ou plusieurs personnages d'une lumière différente, tournant toujours autour de Walt, bien sûr. Et même s'ils ne sont pas équipés des dernières technologies, le shérif et ses adjoints parviennent à gratter le vernis d'évidence qui pointe un accusé idéal pour se plonger dans la nuance de toutes les affaires qu'ils résolvent. Craig Johnson arrive à allier l'adrénaline des thrillers avec un humour mordant et il se dégage de son personnage de Walter Longmire une grande humanité.

En 2012, A&E a adapté les livres de Johnson dans une série appelée « Longmire » qui bien que différente dans sa forme (les impératifs de la télé étant différents des romans, comparons ce qui est comparable) et dans le destin de certains personnages secondaires, l'esprit reste fidèle à celui du livre. La seule chose à regretter est que Vic est peut-être un chouïa moins mordante que dans la version papier. A&E en 2014 a vendu les droits à Netflix qui a produit une quatrième saison et reconduit la série pour une cinquième.

Craig Johnson écrit chaque année, pour Noël, une nouvelle qu'il offre gratuitement à ses lecteurs sous forme de PDF, que Sophie Aslanides traduit pour les éditions Gallmeister qui les met à son tour à disposition des lecteurs francophones. Des versions papier sont également disponibles en librairie aux moments des fêtes de fin d'année.

Vous pouvez donc découvrir les nouvelles sur le site de l'éditeur, en espérant que vous serez aussi conquis que moi : http://www.gallmeister.fr/auteurs/fiche/15/craig-johnson

DSCF2402

 

5avr/160

Larry McMurtry

Larry McMurtry, figure incontournable de la culture américaine, est né en 1936 à Archer City au Texas. Il quitta sa ville pour étudier, puis il vécut à différents endroits comme Houston, Texas ou Washington D.C., villes dans lesquelles il a écrit mais dans lesquelles aussi il a ouvert une librairie d'occasion. Il vit actuellement à Archer City. Il y a aussi ouvert une librairie d'occasion, une des plus grandes librairies indépendantes des Etats-Unis : Booked Up Inc, avec plus de 400 000 titres (http://www.bookedupac.com/) parfois rares, des premières éditions, des éditions collectors, etc. Il a été obligé de la réduire grandement il y a quelques années, en organisant une vente aux enchères pour plus de 300 000 titres (http://blog.chron.com/bookish/2012/08/larry-mcmurtry-bids-goodbye-to-books-in-archer-city/).

En plus de ses nombreux romans et essais, il scénarise ou adapte des romans pour le cinéma et la télévision. En dehors de ses propres romans (notamment dans la série des Lonesome Dove ou celle de Duane Moore), il a également adapté la nouvelle Brockeback Mountain d'Annie Proulx, scénario adapté pour lequel il a gagné plusieurs prix.

Dans La Dernière Séance (1966), nous sommes plongés dans le Texas des années 50. Duane et Sonny sont nés et ont grandi à Thalia, petite ville proche des derricks où pour un jeune de 17 ans, il n'y a pas grand chose à faire à par un cinéma ou le café-salle de billard de Sam Le Lion, entre deux petits boulots à la plateforme pétrolière. Ils attendent avec impatience le temps où ils pourront se trouver une belle fille avec qui coucher mais dans cette vile un peu prude, les hormones sont mises à rude épreuve. Alors que Duane jette son dévolu sur Jacy, frivole, jolie et riche, Sonny se retrouve dans les bras de Ruth Popper, la femme de l'entraineur de l'équipe de football américain. La vie à Thalia se passe, avec ses étés chauds et lourds, alors que se profile à l'horizon la guerre de Corée, du Vietnam, et la crise pétrolière.

On retrouve Thalia dans Texasville (1987). Duane a 50 ans. On apprend des bribes de ce qui s'est passé à Thalia les 30 années précédentes, notamment pour Sonny qui prend beaucoup moins de place dans l'histoire. A la tête d'un empire pétrolier, Duane est marié avec Karla, femme indépendante au caractère bien trempé qui a entre autres pour particularité de faire imprimer sur ses Tshirts des slogans issus de chansons country comme : « à défaut d'être la première, je pourrai toujours être la prochaine ». Ils ont plusieurs enfants qui semblent avoir hérité de la folie de leur mère. Entre sa famille déjantée, le retour de Jacy, amour de jeunesse et son inquiétude pour ses dettes qui se chiffrent en millions de dollars, Duane doit aussi gérer le centenaire de la ville soudain jugé important par la population.

On peut suivre les aventures de Duane chez Sonatine dans Duane est dépressif et Duane est amoureux (ce dernier étant nettement moins bon que les autres). Cette série est un portrait sans détour d'une partie de l'Amérique, dépeinte avec un humour un peu caustique. Tout en développant une tendresse pour le personnage de Duane, jamais vraiment heureux, on se rend compte qu'il semble subir sa vie, que beaucoup de choses ont été dues au hasard et les seuls choix véritables qu'il pose le font paraître fou aux yeux du monde.

Lonesome Dove (ainsi que Streets of Laredo, Dead Man's walk et Comanche Moon) constitue une autre série à succès de McMurtry se passant au Texas. Lonesome Dove, roman pour lequel il a reçu le Prix Pulitzer de la fiction en 1986, en deux épisodes en français, raconte une partie de la vie d'Augustus McCrae et Woodrow Call. Ces deux ex-Texas Rangers fatigués de se battre contre les Comanches et les Mexicains ont opté pour un vie plus calme. Après quelques années dans leur ranch du Texas, ils décident de voler du bétail au Mexique et de remonter jusqu'au Nord du Montana pour y établir un ranch. Cette entreprise risquée leur fera perdre pas mal de leurs compagnons : quand ils ne croisent pas d'autochtones ou de voleurs de bétail, ils doivent résister aux caprices de la nature et aux dangers provenant de la faune environnante - ours, nids de couleuvres, etc.

Larry McMurtry a un don incroyable pour déployer des fresques humaines riches et denses dont on ne se lasse pas. Autour de Gus et Call se greffent quantité de personnages déployant par leurs liens entre eux les bases d'un univers aux possibles infinis.

Le 2 juin sortira La Marche du mort (Dead Man's Walk), sous-titré Lonesome Dove : les origines, dans lequel on retrouvera Gus et Call à l'époque où ils étaient Texas Ranger.

A lire aussi chez Gallmeister : Et tous mes amis seront des inconnus, dans une série de romans qui se passent dans la ville de Houston. On suit ici Danny Deck, jeune écrivain dont la vie est rythmée par sa malchance avec les femmes. Sa femme, Sally, cesse de l'aimer assez rapidement après leur mariage (lui-même survenu assez rapidement après leur rencontre). Sa voisine aux abords froids et secs se révèle finalement dévergondée mais il ne peut en profiter. Sa nouvelle petite amie Jill, quant à elle, le suit de Los Angeles à San Francisco sur un coup de tête et repart quelques mois plus tard de la même façon. Et enfin, il éprouve un attachement tendre et fort, secret, son amie Emma. Le tout sur fond de tentative d'écriture de son deuxième roman rythmée par ses relations avec les femmes qui gravitent autour de lui.

Excellent roman mais en sachant comment McMurtry arrive à magnifier ses histoires en plusieurs livres, on ne peut qu'espérer que les autres romans de cette série seront un jour traduits en français.

Écrit en 2014, Le Saloon des derniers mots doux est un peu plus étrange. C'est une sorte de western en déliquescence dans lequel les personnages sont encore pris dans les codes du western mais sans aucune conviction, comme un passage entre un monde ancien et le monde moderne. Il y a aussi une douceur dans ce roman décalé, teintée d'un peu de mélancolie face à une époque révolue. Ce sentiment est figé dans le nom du Saloon « des derniers mots doux », enseigne que Warren Earp trimballe dans tous ses déménagements.

Proportionnellement, peu de romans de McMurtry ont été traduits en français ; la majorité de ceux-là est actuellement éditée chez Gallmeister mais la suite de la série Duane est chez Sonatine et d'autres plus anciens étaient chez Presses de la Cité, Robert Laffont ou First.

Larry McMurtry est un donc auteur à découvrir absolument, en anglais ou en français, si ce n'est pas déjà fait.

Pour d'autres infos :

http://www.gallmeister.fr/auteurs/fiche/23/larry-mcmurtry

ou acheter les livres en ligne :

http://www.moliere.com/fr/catalogsearch/result/?q=larry+McMurtry

 

30jan/160

Les éditions Gallmeister ont 10 ans

Montana

Cette année, les éditions Gallmeister fêtent leurs 10 ans. Régulièrement cette année, nous mettrons en avant un roman ou un auteur marquant de cette décennie éditoriale.

Née en 2006 de la passion qu'entretient Oliver Gallmeister pour la littérature américaine (et semble-t-il, la pêche à la mouche), la maison d'édition éponyme est spécialisée dans la littérature américaine contemporaine. Les presque 150 titres différents couvrent le territoire américain de l'Alaska à la Floride et du Maine jusqu'à la Californie, offrant une vision très large de ces paysages sauvages et urbains à travers les yeux d'une multitude de personnages de tous horizons : d'un ancien militaire revenu en Utah faire péter des bulldozers au policier d'une petite ville du Wyoming, en passant par des cow-boys traversant les États-Unis avec leur bétail, un sombre détective des années 40 ou une petite fille de 6 ans découvrant les joies de la bière. Ces personnages racontent aussi une Amérique marquée par les stigmates d'une humanité en lutte contre elle-même : la guerre du Vietnam, l'esclavage, les conflits avec les autochtones.

Cette vision est due sans doute à ces auteurs, hommes et femmes (car si la grammaire conseille fortement que le masculin l'emporte, la voix des femmes est bien présente, auteures et narratrices), qui ne sont pas que des écrivains, nombre d'entre eux (si pas tous) ont d'abord été policier, chasseur, trappeur, ranger, camionneur, bûcheron, peintre en bâtiment, éditeur, pompier, acteur/réalisateur de porno, universitaire, soldat, essayiste, etc. Une vie qui a considérablement enrichi leur littérature.

Et puis Gallmeister, c'est aussi une maison d'édition qui m'a fait découvrir une Amérique que je n'avais vue alors que dans les yeux des autres et qui se limitait à New York, Miami, San Fransisco ou Chicago. J'ai découvert une Amérique belle, sauvage et secrète ; le Wyoming de Craig Johnson, l'Utah chaud et désertique d'Abbey ou l'Alaska de Vann. C'est emplie de ces images littéraires que j'ai pu traverser quelques fois ces paysages, un peu à l'image de Pete Fromm qui, abreuvé par la littérature de trappeur, part un hiver au fin fond des Rocheuses pour garder des œufs de saumon (il raconte ce moment de sa vie dans Indian Creek, disponible dans la collection Totem et depuis peu à nouveau en grand format, accompagné de photos).

Un des premiers titres que j'ai lu dans cette collection est « le Gang de la clef à molette », d'Edward Abbey : une bande d'écologistes un peu tarés s'est mise en tête de démonter (comprendre : faire exploser) les édifices industriels du capitalisme galopant.

Doc Sarvis est un médecin généraliste aisé, sentimental, un peu poète, un peu pyromane.

« Avec son dôme chauve moucheté, son visage sauvage et toute la noblesse sévère d'un Sibelius, le Dr Sarvis était en tournée nocturne sur un banal programme de réhabilitation de quartier, occupé à brûler des panneaux publicitaires au bord de la grand-route – l'US 66, vouée à se faire dévorer par l'Autobahn Superrapide de la Superpuissance. Son mode opératoire était simple et d'une finesse chirurgicale. Il prenait son jerrycan de 5 gallons d'essence, en aspergeait les pieds et tout autre membre étançonnant les cibles élues, puis craquait une allumette. On devrait tous avoir un hobby. »1

Bonnie Abbzug, secrétaire du prédécesseur de Sarvis, puis de ce dernier, est devenue depuis sa maîtresse. Elle le suit dans ses sorties incendiaires. Intelligente, incisive, elle ne se laisse pas marcher sur les pieds et détail amusant, alors que ces trois écologistes convaincus roulent en vieille voiture en lançant leurs cannettes de bière sur les routes, elle vit dans un dôme géodésique.

« Elle était trop sage pour s'engluer durablement dans aucune théorie à la mode, bien qu'elle les essayât toutes. Avec une intelligence trop fine pour se laisser violer par les idées, elle avait appris qu'elle était en quête non pas d'une évolution personnelle (elle s'appréciait) mais de quelque chose de bien à faire. »2

Hayduke, un ancien béret vert ravagé par la guerre du Vietnam (personnage dont le modèle est Doug Peacock, autre auteur traduit chez Gallmeister, ami très cher d'Abbey), instable, impatient, en rogne contre la société capitaliste et destructrice.

« Hayduke a vingt-cinq ans. Il est court, costaud, carré, bâti comme un catcheur. Il a le visage poilu, très poilu, avec une bouche large et une belle dentition, de grosses pommettes et une impressionnante tignasse de cheveux bleu-noir drus. Traîne peut-être une trace de lointain sang shawnee quelque part dans son brouet de gènes. Il a des mains amples et puissantes, à peau blanc pâle sous la pilosité noire. Il a passé beaucoup de temps dans la jungle, puis beaucoup de temps à l'hôpital. »3

Seldom Seen Smith, un mormon (de nom seulement) partagé entre ses trois femmes, séparée l'une de l'autre par une journée de route.

« Né par hasard dans la communauté de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours (les mormons), Smith était en congé sabbatique permanent à l'égard de sa religion. C'était un renégat, un jack mormon – le jack mormon étant au bon mormon ce que le jackrabbit est au gentil petit lapin. (…) Son nom officiel était Joseph Fielding Smith (en hommage à un neveu du fondateur et martyr), mais ses épouses lui avaient donné le surnom de Sledom Seen – celui qu'on voit rarement –, et ça lui allait bien. »4

Ils vont tous les quatre farouchement parcourir le désert, poursuivis par les autorités, détruisant quantité de bulldozers et de chantiers sur leur chemin. Derrière le côté désopilant de l'histoire se cache aussi une triste réalité de ces espaces sauvages ravagés de manière irréfléchie par l'homme.

Très engagé, c'est un roman époustouflant sur une lutte acharnée mais sans espoir contre l'industrialisation dans lequel on alterne les scènes d'actions avec des situations loufoques, des tranches de vie ou de magnifiques descriptions de paysage. On découvre des personnages attachants mais aussi vraiment drôles (mention spéciale à Love, le curé policier cardiaque pourri par le capitalisme). L'auteur dira à propos de son « Gang de la clef à molette », reflétant parfaitement le caractère militant de son oeuvre : "Quiconque prendra ce livre au sérieux sera immédiatement abattu. Quiconque ne le prendra pas au sérieux sera enterré vivant par un bulldozer Mitsubishi."

La première version du livre en français, traduite par Pierre Guillaumin, était parue sans illustration, comme la première version américaine ; mais il y a quelques années, elle a été retraduite par Jacques Mailhos et imprimée avec les illustrations de Robert Crumb, jointes au texte en langue originale pour les 10 ans de sa parution.

 

Pour plus d'infos sur Gallmeister et leurs publications :  http://www.gallmeister.fr/

Pour obtenir les ouvrages sur notre site en ligne :

http://www.moliere.com/fr/catalogsearch/result/index/?facet_format=&price=&facet_author=Abbey+Edward&q=edward+abbey

 

 

1Abbey Edward, le Gang de la clef à molette, Gallmeister, 2013 p.21

2Ibidem, p.63

3Ibidem, p.33

4Ibidem, p.49

4avr/130

Best-seller en vue ! La vie compliquée de Léa Olivier, de Catherine Girard-Audet en précommande

La vie compliquée de Léa Olivier débarque en Europe

Énorme succès au Québec, « La vie compliquée de Léa Olivier », de Catherine Girard-Audet arrive enfin en Belgique ! Le premier tome, « Perdue », sera disponible dès le 10 avril 2013 dans votre librairie !

Dimitri Kennes est le fondateur de MAD Fabrik, la maison d'édition de Kid Paddle, Game Over ou encore Grrreeny. Il a créé spécifiquement Kennes Editions pour publier La vie compliquée de Léa Olivier. Nous attendons déjà avec impatience la sortie en Europe des trois titres suivants : « rumeurs » le 5 juin 2013, « chantage » le 4 septembre 2013 et « angoisses » en janvier 2014. L'auteure qui est déjà entrain d'écrire le 5ème volume, a prévu, au total, 9 opus de cette vie qui semble si compliquée !

Alors que des séries TV comme Gossip Girl, ou Pretty Little Liars deviennent déjà cultes, fort à parie que ces bouquins devraient ravir nos jeunes demoiselles.

La vie compliquée de Léa Olivier T.02 Rumeurs La vie compliquée de Léa Olivier T.03 Chantage La vie compliquée de Léo Olivier T.04 Angoisses

Oui, la vie de Léa Olivier est vraiment compliquée

Vivre loin de ses copines et de son petit ami suite à un déménagement forcé, se refaire une vie sociale dans une ville dont on ne connaît rien, s'intégrer dans un nouveau groupe d'amis alors qu'un « gang » de nunuches vous regarde de haut... c'est compliqué.

Alors quand en plus, Léa remarque que son « chum » devient de plus en plus distant et qu'il se rapproche par contre de son ennemie jurée, quand son grand frère super populaire dit ne pas comprendre pourquoi elle a tant de mal à s'adapter à leur nouvelle vie... rien ne va plus.

Entre le roman épistolaire numérique (fait de mails, de chats et de commentaires postés sur un blog) et le journal intime (puisque Léa s'empresse de communiquer tous ses états d'âme), « La vie compliquée de Léa Olivier » raconte le quotidien d'une ado ordinaire, fait de doutes, de déceptions, de sentiments amoureux et de petites joies.

On plonge dans l'intimité de Léa grâce à la lecture – indiscrète – des messages qu'elle envoie à ses amis, et au fil des pages on partage ses peines et ses espoirs. On a parfois envie de répondre aux mails désespérés qu'elle rédige, tant le personnage et ses préoccupations semblent réels. L'auteur se souvient manifestement de ce que c'est que d'être ado, s'inspire de sa propre histoire, et rend au mieux l'authenticité des situations grâce au langage spontané qu'elle utilise : Léa est Québécoise, et ça se sent ! A la fin de votre lecture, vous parlerez sans sourciller de filles « niaiseuses », « poches » ou « rejet » et de « partys plates ».

Vous apprendrez une nouvelle langue

Léa vit au Québec, où on parle le français évidemment, mais avec toute une série de petits mots et d'expressions que nous ne connaissons pas en Belgique. Pour que les lecteurs Belges ne soient pas trop déroutés, l'auteur propose à la fin de l'ouvrage un petit lexique qui vous permettra de saisir toutes les subtilités du langage québécois.

Quelques exemples parmi bien d'autres expressions truculentes :

  • Best/BFF - Best friends forever, meilleure amie
  • Blonde – Petite amie
  • Capoter – S'énerver, flipper, halluciner
  • Chum (se prononce "tcheum") – Petit ami, amoureux
  • Cute (se prononce Kiout) – Mignon
  • Kick – Avoir le béguin, kiffer quelqu'un

Connaissez-vous Catherine Girard-Audet ?

Catherine_Girard-Audet

Catherine Girard-Audet avait déjà écrit le « Journal intime de la belle-mère (pas si) cruelle de Blanche-Neige » par exemple, mais aussi des livres qui donnent des conseils aux ados. Elle tient d'ailleurs un blog à VrackTV où des milliers de jeunes filles québécoises confient leurs tracas quotidiens.

Découvrez sa page Facebook très active !

Avec les quatre premiers tomes de « La vie compliquée de Léa Olivier » et les cinq autres à venir, Catherine Girard-Audet devient un auteur de référence pour toute une génération de jeunes filles.

Le petit + ? Selon la rumeur, Catherine Girard et India Desjardins, l'auteur du Journal d'Aurélie Laflamme soient de bonnes copines.

Le gros + !? La Librairie Molière vous offre la possibilité de pré-commander ce best-seller en devenir, qui sortira le 10 avril. Pour obtenir plus d'infos, envoyez un mail à jeunesse@moliere.com ou par téléphone au +32 (0)71 32 89 19.

14oct/120

Les autres shepards

Holland et Geneva sont tellement différentes que si ce n’était leur physique, on ne devinerait jamais qu’elles sont sœurs. Holland, l’ainée, est prudente, sage et réfléchie, avec des tendances « guimauve ». Geneva quant à elle, est renfermée, farouche et souffre de nombreux TOC.  L’histoire de leur famille est tout à fait insolite : elles sont nées plusieurs années après le décès de leurs deux frères et  de leur sœur, sujet que leurs parents n’aiment pas aborder.

Un jour en rentrant de l’école, elles tombent sur Annie, une amie de leurs parents qui compte les aider à peindre une fresque murale pour l’anniversaire de leur mère. Annie est une artiste, elle ne se prend pas la tête, brave les interdits et surtout, elle vit sa vie sans se poser de questions. A son contact, Geneva change complètement, elle est plus décontractée, plus ouverte et n’hésite pas à se salir les
mains avec de la peinture. Holland, de son côté, se détend et prend son courage a deux mains pour aborder le garçon de ses rêves.

Pourtant, malgré cette apparente amélioration, le deuil familial reste tu, les deux jeunes filles n’ont aucune réponse à leurs questions, comme si ce drame ne leur appartenait pas. Ne sachant comment changer les choses, Geneva et Holland recourront à l’aide de la mystérieuse Annie pour passer au-delà de cette histoire.

Un roman touchant sur un deuil difficile à porter pour deux jeunes filles singulières en quête d’identité familiale. A lire dès 12 ans.

Audrey

Les autres sheppard, Adèle Griffin, Thierry Magnier, 10,90€, 9782364741386

13oct/120

La cité des livres qui rêvent

Avis aux amateurs d’aventures palpitantes, ce livre de Walter Moers est pour vous. Hildegunst Taillemythes, dragon de son état, y raconte sa propre histoire. Après le décès de Dancelot de Tournemire, son parrain en écriture, Hildegunst décide de quitter la Citadelle des Dragons pour la ville de Bouquinbourg afin de retrouver l’auteur d’un manuscrit parfait que lui a légué Dancelot.

Bouquinbourg est la ville par excellence pour qui veut se faire éditer. C’est le siège des éditeurs, écrivains, chercheurs de talents, bibliothécaires et libraires de tout acabit. La ville est en plus construite sur un immense réseau de galeries et des grottes surnommées les catacombes, remplies de trésors littéraires et où règne un danger permanent. Au fil de ses recherches, Hildegunst va croiser d’étranges créatures, des chasseurs de livres rares enragés, des adorables petits êtres non violents, etc.

Assurez-vous d’aménager une plage horaire suffisante car une fois entré dans le roman, on en sort difficilement.

L’objet en lui-même est également magnifique : le texte est truffé de gravures qui rendent l’ambiance encore plus prégnante. A garder en tête comme cadeau de fêtes de fin d’année.

Audrey

La cité des livres qui rêvent, Walter Moers, les Grandes Personnes, 22€, 9782361931865

12oct/120

Mon trésor à qui saura le déchiffrer

Nosy Boraha est une toute petite île (49 km de long et 5 km de large) au Nord-Ouest de Madagascar, dont la faune et la flore foisonnantes sont parmi les plus belles au monde (baleines, tortues, lézards en tout genre, coraux, épices, orchidées, etc.). Découverte par les Portugais au XVIème siècle, elle devient un repère de flibustiers fin XVIIIème, début XIXème. Notamment pour le pirate français Olivier Levasseur, dont un hypothétique fabuleux butin continue d'alimenter aujourd'hui les rêves des chasseurs de trésors. Introuvable depuis la mort du navigateur, il serait caché quelque part près de l'île de la Réunion, qui se trouve au Sud Ouest de Madagascar. Au moment de sa pendaison, le pirate a lancé dans la foule un papier sur lequel étaient inscrits des cryptogrammes indiquant l'emplacement de son trésor.

C'est à Nosy Boraha que tout commence et c'est là que tout fini. Descendant du pirate Olivier Levasseur, surnommé la Buse, Antoine commence à apprendre le monde depuis le ventre de sa mère, enlevée avec son mari pour être revendue comme esclave. Elle lui raconte son histoire, son île et leurs ancêtres. Elle meurt quand Antoine naît pour sa deuxième vie, qui commencera vraiment lorsqu'il sera trouvé par un étrange médecin sur l'île d'Antigua. Il va lui apprendre tout ce qu'il sait lui aussi : les plantes, les hommes et l'importance de la liberté.

Puis c'est l'allégresse, l'esclavage est aboli, chacun s'organise, les travailleurs sont payés, les gens construisent des fermes et se battent pour retrouver leur terre. C'est une nouvelle aube pleine d'espoir qui se lève sur Antigua et rempli la tête d'Antoine de questions et de soif de retrouver ses racines.

En faisant plusieurs fois le tour du monde, Antoine va traverser ses trois vies sans jamais perdre espoir de retrouver ses racines. Des vies dans lesquelles ses espoirs et sa mémoire se mêleront au folklore malgache, africain et cherokee. La frontière entre rêve et réel s'efface constamment pour plonger le lecteur au coeur des légendes. Alex Cousseau nous attire à la suite de son héros dans un récit prenant, encré dans l'histoire de la piraterie, de l'esclavagisme, des conquêtes territoriales et technologiques (l'avancée des chemins de fer ou le daguerréotype).

Encore plus passionnant que "je suis le chapeau" (qui racontait l'histoire d'une jeune Inuit muette qui communiquait avec les esprits et nous a fait voyager à travers les glaces, du Groenland à l'Angleterre), on dévore ce dernier roman d'Alex Cousseau, avec l'envie folle de se munir d'un chapeau, d'un fusil et de partir à la conquête de l'océan indien pour libérer les esclaves et trouver le trésor d'un redoutable pirate européen. A partir de 14 ans.

Audrey

Les trois vies d'Antoine Anacharsis, Alex Cousseau, Rouergue, 9782812604355, 15,7€

22sept/120

Rien n’a de sens, je le sais depuis longtemps

"Rien n'a d'importance, avait-il clamé un jour. Parce que tout commence pour finir. A l'instant où vous êtes né, vous avez commencé à mourir. Et c'est comme ça pour tout."

Pour Pierre Anthon, la vie n'a aucun sens. Rien n'a d'importance. Tout ce qui nait est voué à mourir alors à quoi bon ? C'est sur cette affirmation qu'il quitte la salle de cours pour grimper dans l'arbre devant chez lui, tel le baron d'Italo Calvino, en comptant bien y rester jusqu'à sa mort. Ses amis vont ériger un "mont de signification" sur lequel chacun déposera une chose qui a du sens pour lui afin de montrer à Pierre qu'il a tort.

Dans cette réédition, l'auteur de "Guerre, et si ça nous arrivait" explore à travers les voix d'adolescents une question qui occupe les philosophes depuis des siècles et que l'on s'est tous posée un jour ou l'autre : la vie a-t-elle un sens ?

Dès 14 ans.

Audrey

Rien, Janne Teller, les Grandes Personnes, 13,5€, 9782361931353